Aller au contenu
Demander un devis Appeler
Santé & prévention

Qu’est-ce que la santé ? La définition, et ce qu’elle change au travail

Depuis 1946, la santé n’est plus définie comme l’absence de maladie. C’est une phrase qu’on répète beaucoup et dont on tire rarement les conséquences — en particulier dans une entreprise.

Séance de massage assis sur chaise ergonomique dans un bureau, une salariée habillée reçoit un massage des épaules pendant que ses collègues travaillent en arrière-plan.

Posez la question autour de vous : « est-ce que tu es en bonne santé ? » La plupart des gens répondent en cherchant ce qui ne va pas. Pas de maladie déclarée, pas de traitement en cours : donc oui, ça va. C’est une réponse par défaut, et elle dit bien ce qu’on entend spontanément par santé — un état où il ne se passe rien.

La définition officielle dit tout autre chose

Le préambule de la Constitution de l’Organisation mondiale de la santé, adopté en 1946, pose une phrase qui n’a pas bougé depuis :

La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.

Deux ruptures dans une seule phrase. La première : la santé cesse d’être définie en creux, par ce qui manque. La seconde, moins commentée et sans doute plus importante : elle comporte trois dimensions, et la dimension sociale y figure au même rang que les deux autres. Être en bonne santé, c’est aussi tenir sa place parmi les autres.

Cette définition a un défaut, et il faut le dire

« Complet bien-être » : personne n’y est jamais. À la lettre, la définition de 1946 rendrait malade toute personne vivant avec une gêne durable — c’est-à-dire, à partir d’un certain âge, à peu près tout le monde. La critique est ancienne et elle est sérieuse : en 2011, un groupe de chercheurs a proposé dans le British Medical Journal de définir plutôt la santé comme la capacité à s’adapter et à se gouverner soi-même face aux défis physiques, émotionnels et sociaux de la vie.

Ce déplacement n’est pas un détail de vocabulaire. Il fait passer la santé d’un état qu’on possède ou qu’on a perdu à une capacité qui se soutient ou qui s’épuise. Et une capacité, contrairement à un état, dépend étroitement des conditions dans lesquelles on vit et on travaille.

Ce que ça change dans une entreprise

Si la santé était l’absence de maladie, la santé au travail se résumerait à éviter les accidents et à déclarer les maladies professionnelles. C’est nécessaire, et c’est très loin d’être suffisant.

Dès qu’on prend la définition au sérieux, trois questions apparaissent, qu’aucun registre d’accidents ne pose :

  • Physique : le travail permet-il au corps de bouger, de varier ses postures, de récupérer ?
  • Mental : la charge, le rythme et l’autonomie laissent-ils quelqu’un tenir dans la durée ?
  • Social : les relations, la reconnaissance et le collectif soutiennent-ils, ou est-ce qu’ils usent ?

Le droit français a suivi ce raisonnement. L’article L. 4121-1 du Code du travail demande à l’employeur d’assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de ses salariés. La dimension mentale n’est pas une option morale : elle est dans l’obligation.

Une conséquence pratique, souvent mal comprise

Si la santé est une capacité, alors on ne la « donne » pas à quelqu’un le temps d’une intervention. On peut en revanche créer les conditions qui la soutiennent, et repérer celles qui l’épuisent.

C’est pour cette raison qu’une action isolée — une journée, une semaine, un événement — produit un effet réel mais court. Ce qui installe un résultat, c’est la régularité, et surtout ce qui change par ailleurs dans l’organisation du travail. Une pause bien pensée ne compense pas une charge intenable, et personne ne devrait le prétendre.

Ce que MAAC en retient

La signature de MAAC — la santé de chacun contribue à la santé du collectif — est la traduction directe de cette définition en trois dimensions. Un salarié qui va mieux ne va pas mieux tout seul : il change quelque chose à l’ambiance d’une équipe, à la qualité des échanges, à la façon dont on se parle un jour de tension.

C’est aussi ce qui explique pourquoi les interventions ne se limitent pas au corps. Le massage assis agit sur les tensions et sur le stress ; les sensibilisations travaillent la compréhension ; les ateliers pratiques rendent chacun capable de refaire les gestes seul. Trois entrées pour trois dimensions.

Si vous vous demandez comment inscrire cela dans une démarche de prévention structurée, la page QVCT & prévention détaille le rattachement au document unique et les budgets mobilisables.

Les questions qu’on nous pose

La définition de l’OMS date-t-elle vraiment de 1946 ?

Oui. Elle figure dans le préambule de la Constitution de l’OMS, adoptée en 1946 lors de la Conférence internationale de la santé et entrée en vigueur en 1948. Elle n’a jamais été modifiée depuis.

Peut-on être en bonne santé avec une maladie chronique ?

Avec la définition de 1946, difficilement : le « complet bien-être » l’exclut. C’est précisément ce que lui reprochent les auteurs qui proposent de définir la santé comme une capacité d’adaptation. Avec cette lecture, oui : quelqu’un qui vit avec une maladie chronique et qui conserve sa capacité à s’adapter, à travailler et à tenir sa place peut être considéré en bonne santé.

Qu’est-ce que la « santé sociale » ?

La dimension relationnelle et collective de la santé : la place qu’on tient parmi les autres, la reconnaissance, le sentiment d’appartenir à un groupe. Au travail, elle se joue dans la qualité des relations, dans le soutien entre collègues et dans le fait d’être vu quand on va mal.

Un employeur est-il responsable de la santé mentale de ses salariés ?

Il est responsable de prendre les mesures nécessaires pour la protéger — c’est l’article L. 4121-1 du Code du travail, qui vise explicitement la santé physique et mentale. Cela n’en fait pas le soignant de ses équipes : cela l’oblige à agir sur ce qui, dans le travail, met la santé mentale en difficulté.

Le bien-être en entreprise, est-ce de la santé ?

Une partie. Le bien-être ressenti est une composante de la santé, pas son équivalent. Une action de bien-être qui ne changerait rien aux conditions de travail améliorerait le ressenti sans agir sur les causes : c’est utile, ce n’est pas une politique de santé.

Et pour vos équipes

Combien coûterait une intervention chez vous ?

L’estimation est immédiate et ne demande aucune coordonnée ; le devis détaillé suit sous 48 heures ouvrées, déplacement compris.